.05. Language Crypté
Liloux Gaxieu x Lou Anna Jourdan x Juliette Mottier
2025
Le métier d’archéologue repose sur une attention patiente, une lecture minutieuse et une reconstitution fragile de l’histoire. Nous avons cherché à traduire graphiquement cette tension entre la sensibilité d’un passé enfoui et la précision de celles et ceux qui l’étudient, en invitant le public à adopter, le temps d’une lecture, le regard d’un·e archéologue.
Nous avons créé un langage visuel à base de 50 pictogrammes fonctionnant comme une grammaire archéologique, où chaque signe est à la fois symbole, indice et élément narratif. Ils sont dessinés à partir de la typographie Tomorrow, volontairement simple et ludique, pour contrebalancer le sérieux du propos et les images classiques traditionnellement liées aux cryptes anciennes, afin d’apporter une touche contemporaine et intuitive.
Ces pictogrammes s’intègrent directement au texte : précédant les mots (placés entre crochets, à la manière d’une légende phonétique), ils assurent lisibilité et clarté. Une frise de pictogrammes court également le long des palissades, permettant une lecture rapide et intuitive.
Ainsi, le jeu se situe dans l’association et l’analogie, incitant le public à interpréter, rechercher et relier, comme le ferait un·e archéologue. La lecture devient alors une expérience active, où le·la visiteur·e devient co-constructeur·rice du sens.
- Les sous-titres utilisent la typographie Enhanced Dot Digital, rappelant l’idée de couches et de strates.
- Le plan architectural de la crypte sert de grille de composition, une manière d’incarner graphiquement la méthode archéologique tout en orientant discrètement l’organisation des éléments graphiques.
- Les images, par leurs cadrages variés, offrent plusieurs niveaux de lecture, entre vues d’ensemble et détails précis.
Notre palette chromatique repose sur quatre couleurs : un prune en résonance avec l’architecture religieuse et la pénombre du lieu, un jaune orangé et un vermillon rappelant les pigments de la terre, et un bleu clair franc qui crée un contraste plus contemporain. Cette palette nous permet de jouer entre codes anciens et lecture moderne.
Ce projet est une véritable enquête graphique. En mêlant rigueur, jeu, langage et narration, il propose une médiation originale qui met à l’honneur le métier d’archéologue – science d’interprétation où chaque trace devient récit – tout en éveillant l’imaginaire et l’expérience sensible du public. La crypte devient alors le théâtre d’une lecture active, d’un récit à fouiller, d’une mémoire à reconstruire.
.04. Tram Gaïa
Jeanne Lafaye de Micheaux x Juliette Mottier
2025
Inspirée par la topographie stéphanoise, la composition graphique repose sur une grille organique où s'entrelacent des symboles de ressources naturelles. Des visages et mains y émergent, incarnant l'interaction entre l'humain et son environnement. Ce dialogue visuel questionne notre manière d'habiter le monde et donne une identité locale tout en résonnant avec les enjeux écologiques urbains. Les dégradés de couleurs insufflent dynamisme et vitalité, traduisant une transition en harmonie avec la nature.
Pour prolonger l’expérience, des éléments graphiques seront intégrés à l’intérieur du tram, notamment sur les sièges, afin d’enrichir l’interaction avec les usagers et renforcer son aspect immersif.
Le tram Gaïa est une célébration de l'équilibre entre l’Humain, la nature et ses ressources, affirmant une vision sensible et engagée du design dans l’espace urbain.
.03. Glyphes
Romain Crozier x Juliette Mottier
2025
SYNESTHÉSIE : Phénomène d’association constante, d’impressions venant de domaines sensoriels différents.
Glyphes est une rencontre entre deux pratiques.
Nous sommes deux artistes indépendants, une graphiste et un musicien-compositeur, réunis par un intérêt commun pour la synesthésie. Ce projet est né de la volonté de développer une écriture sensible et alternative, offrant au compositeur – qui ne se retrouve pas dans la notation musicale traditionnelle – un repère visuel pour structurer ses compositions.
À l’image du travail typographique et linguistique d’Alain Damasio dans Les Furtifs, nous avons conçu une écriture musicale capable d’articuler la diversité des intentions des auteurs et la richesse des interprétations possibles.
Nous avons déconstruit l’écriture musicale afin d’identifier des indications essentielles. Il en résulte un lexique de signes musicaux, enrichis de couleurs pour renforcer leur sens et leur dimension synesthésique.
Ce répertoire de signes découle d’une typographie inspirée de la calligraphie, justifiant ainsi l’écriture manuscrite des trois partitions.
Ce langage est un outil permettant de conserver une trace visuelle des compositions pour les rejouer. Le graphisme se met alors au service d’une écriture musicale sensorielle.
Cette écriture ouvre une nouvelle porte
à l’inspiration. Musique et visuel s’enrichissent
et évoluent réciproquement, ne laissant sur la grille que des ponctuations subtiles et malléables. L’interprétation de ce langage, propre à notre perception, offre un champ infini de variations et une autre manière de composer.
Glyphes est un système de notation musicale permettant libérer sa propre pratique.
La synesthésie devient alors une composante
de l’inspiration et de la création.
.02. Drapeaux
2023
des armées, des titres ou des armoiries familiales.
Les armoiries étaient composées d'une palette de couleurs
et de motifs, comme des lions, des aigles, des lys que l’on
appelait les pièces.
Les couleurs étaient utilisé dans des grilles que l’on appelait les partitions. Nous avons donc choisi de travailler premièrement sur un héraldique de l’école pour finalement l’élargir au rang du quartier.
- Les pièces, que nous avons sélectionnées à l’issu d’une collecte de divers éléments trouvés dans le quartier pouvant être des sigles, des maquettes d’étudiants, des objets « poubelles », des éléments de signalétique... Ce procédé de collecte permet d’apporter un sentiment de familiarité de la part du public avec le drapeau car ce dernier peut être amené à reconnaitre certains éléments.
- Notre palette est volontairement dans des couleurs vives qui s’approcherait du traitement colorimétrique de Michel Quarez dans le but d’attirer le regard des passants et d’apporter de la gaité dans le quartier.
- Les partitions, répartition des couleurs sur une grille que vous avons élaboré en se calquant sur les plans du quartier.
la Cité du Design, la crèche/ maternelle et le parc Schoelcher.
Cet Héraldique offre la possibilité de créer une game de drapeaux qui ferait usage de signalétique dans le quartier.
Ce projet est voué à évoluer de façon à ce que les habitants du quartier puissent s’approprier cet Héraldique et utiliser cet outil pour créer leur propre cité 2025.
Recherches :
.01. Molten
2022
Exposées à la biennale internationnale de design 2025 à Saint-Étienne
de richesse ou d’élégance, il est cependant associé
à des pratiques polluantes.
Chaque année, les plus grandes mines d’or rejettent
jusqu’à 1 900 tonnes de cyanure dans la nature, menaçant
les écosystèmes et polluant les cours d’eau. L’extraction des matières premières a de lourds impacts environnementaux : déforestation, pollution des sols et des eaux, destruction de
la biodiversité, mettant en péril des écosystèmes entiers.
Molten cherche à impulser une remise en question de cette perception de la noblesse des matériaux.
Comment faire d’un bijou un objet à la fois esthétique et en accord avec les enjeux climatique d’aujourdhui ?
Ici, la préciosité réside aussi dans l’éthique, en privilégiant
des matériaux recyclés et une production respectueuse
de l’environnement.
Les formes s’inspirent du processus de recyclage de Récyf, donnent l’impression que la matière a fondu sous l’effet
de la chaleur.
Toujours ornementales, elles incarnent aussi une cause plus
large : la protection de notre planète.
©JulietteMottier